Auteur/autrice : Cueillir les jours

  • Je ne suis plus exactement la même qu’au premier jour.

    vendredi 04 septembre 2026

    Jour 76/81

    Je ne suis plus exactement la même qu’au premier jour.

    [Cycle 9. Couronnement]

    Mes intentions du vendredi 4 septembre 2026

    Mes intentions arrivent très tard aujourd’hui, même si je me suis levée à 5 h 15 !

    Mais j’ai une excellente excuse : je suis à B. J’ai roulé pratiquement sans arrêt depuis la maison jusqu’ici et tout s’est très, très bien passé.

    J’aime beaucoup, beaucoup la phrase d’aujourd’hui.

    « Je ne suis plus la même qu’au début. »

    Il m’a fallu longtemps dans ma vie pour le voir. Très longtemps même.

    Mais depuis quelque temps, je le vois.

    Je vois les choses changer. Je vois comment certaines expériences me transforment, comment d’autres s’installent doucement en moi. Je vois que la vie est riche et que, finalement, je m’enrichis moi aussi au fur et à mesure des années.

    Parce que je n’attrape pas que des années !

    J’attrape aussi de l’expérience. J’attrape de l’amour. J’attrape du bien-être. J’attrape de la conscience. J’attrape tout ce que la vie m’apprend et tout ce que je découvre encore.

    Et tout cela fait que je ne suis plus la même qu’au début.

    Aujourd’hui, je ne vais pas m’étendre davantage parce que je suis devant un restaurant, je vais manger, et j’aimerais ensuite avancer encore suffisamment pour arriver à ma destination.

    Et puis je suis fatiguée.

    Je ne suis plus la même qu’au début.

    Et aujourd’hui, sur la route, je prends simplement le temps de le constater.

  • Je regarde ma transformation avec lucidité et tendresse.

    jeudi 03 septembre 2026

    Jour 75/81

    Je regarde ma transformation avec lucidité et tendresse.

    [Cycle 9. Couronnement]

    Mes intentions du jeudi 3 septembre 2026

    « Je regarde ma transformation avec lucidité et tendresse. »

    J’aime beaucoup l’image de ces voiliers qui ont baissé leurs voiles et sont maintenant au port, amarrés sur une eau toute plate, sans vent.

    Ils ont voyagé.

    Ils repartiront peut-être.

    Et pour l’instant, ils sont là.

    Et j’aime imaginer que tous les voyages que j’ai faits sont eux aussi, aujourd’hui, à l’amarrage. C’est le moment du repos, du bilan, presque celui où l’on ouvre l’album de souvenirs pour regarder tranquillement d’où l’on vient.

    Chaque chose que je vis me transforme. Certaines énormément, d’autres presque imperceptiblement. Et souvent, je ne vois pas la transformation au moment où elle se produit. Je la découvre plus tard, justement lorsque je suis amarrée dans un port et que j’ai l’impression de ne rien faire.

    Parce qu’en réalité, je crois qu’il n’existe aucun moment dans la vie où l’on ne fait vraiment rien.

    C’est un peu comme une voiture dont on a démarré le moteur. Elle est à l’arrêt, elle n’avance pas, elle attend peut-être quelqu’un. Au bout d’un moment, on s’habitue tellement au ronronnement qu’on ne l’entend même plus.

    Et pourtant, le moteur tourne.

    Je crois que nos moments de repos ressemblent à cela.

    La distance ne change pas. On reste au même endroit. Mais quelque chose continue doucement à fonctionner, à intégrer, à digérer, à mettre en place tout ce qui a été vécu.

    Alors aujourd’hui, je n’ai pas besoin de hisser les voiles.

    Je n’ai pas besoin non plus d’appuyer sur l’accélérateur.

    Je peux rester au port, moteur au ralenti, et regarder.

    Regarder avec lucidité ce que j’ai fait, ce qui m’a transformée, ce que j’aurais pu faire autrement aussi.

    Et regarder tout cela avec tendresse.

    Pas pour refaire le voyage.

    Pas pour corriger rétrospectivement chaque étape.

    Simplement pour reconnaître la personne que tous ces voyages ont peu à peu façonnée.

    Aujourd’hui, je laisse mon moteur ronronner doucement.

    Et je regarde le chemin parcouru.

  • Une nouvelle version de moi commence à apparaître.

    mercredi 02 septembre 2026

    Jour 74/81

    Une nouvelle version de moi commence à apparaître.

    [Cycle 9. Couronnement]

    Mes intentions du mercredi 2 septembre 2026

    La phrase de ce matin est :« Aujourd’hui, une nouvelle version de moi est en train d’apparaître. »

    Oui. Et cette nouvelle version est en partie le résultat de ce travail, en partie le résultat du temps qui passe, en partie celui de ma bonne volonté et, surtout, de ma conscience.

    Nous sommes au jour 74 sur 81. Il reste sept jours avant de terminer ce cycle de Briller et nous sommes dans sa dernière partie : le couronnement.

    Alors, est-ce qu’une nouvelle version de moi apparaît ? Oui. Certainement. Mais je vais éviter de vouloir immédiatement la définir. Je vais plutôt l’observer et vivre avec elle.

    Parce qu’une nouvelle version de soi ne signifie pas forcément une révolution spectaculaire.

    Hier soir, par exemple, je me disais : « Va te coucher tôt, tu vas commencer à prendre le rythme. » Très bonne idée. Sauf que lorsque je commence à me donner des ordres, il m’arrive de me désobéir avec exactement la même détermination ! Résultat : couchée à deux heures du matin. Et à huit heures, debout, parce que je veux aller remercier la factrice.

    Voilà. Nouvelle version, peut-être. Parfaite, certainement pas !

    Et hier, j’ai aussi beaucoup avancé sur ma chaussette. Il y en a maintenant une qui est finie. Enfin, quand je dis finie… évidemment, ce n’est pas vrai. Il me reste à assembler les deux bandes qui forment la chaussette et à faire les coutures sur les côtés. Mais elle est drôlement jolie, bleu et beige, avec un beige changeant.Et celle-là m’en aura donné du fil à retordre !

    Je l’ai défaite plusieurs fois. Je me suis trompée. J’ai recommencé. J’ai avancé. J’ai redéfait. J’ai encore recommencé.Et finalement, elle va devenir une chaussette que je pourrai porter.La vie ressemble beaucoup à ça.

    Se tromper, recommencer, avancer, s’apercevoir qu’on s’est encore trompé, défaire un morceau, reprendre autrement et continuer. Jusqu’au moment où, tout à coup, quelque chose prend forme.Ah là là, quelle histoire !

    La vie est une aventure qui ressemble probablement à beaucoup d’autres aventures. Mais comme nous n’en avons qu’une, la nôtre est forcément unique.

    Et elle a une valeur énorme.Elle a une force énorme.Elle nous offre aussi une quantité remarquable d’embûches ! Je ne sais pas quelles embûches on rencontre au paradis… Je ne crois d’ailleurs pas au paradis. Mais je ne crois pas non plus à l’enfer.

    Bon. Je suis en train de me perdre dans ma nouvelle version !

    Alors je vais revenir à quelque chose de beaucoup plus simple.

    Aujourd’hui, une nouvelle version de moi est en train d’apparaître.Je ne vais pas lui demander immédiatement qui elle est.Je vais l’observer.

    Et vivre avec elle.

  • Je reconnais le chemin parcouru.

    mardi 01 septembre 2026

    Jour 73/81

    Je reconnais le chemin parcouru.

    [Cycle 9. Couronnement]

    Mes intentions du mardi 1er septembre 2026

    « Je reconnais le chemin parcouru. »

    Moi, je le dirais autrement :

    Je me retourne et je regarde tout ce que j’ai fait.

    Nous sommes entrés dans les neuf derniers jours de mon cycle de neuf fois neuf jours. Cette dernière partie s’appelle le couronnement. Hier, la phrase était : « Je laisse quelque chose de bon derrière moi. » Aujourd’hui, je me retourne donc pour regarder ce que j’ai effectivement laissé derrière moi.

    Je regarde. Je me félicite. Je m’extasie éventuellement ! Je vois aussi ce que j’aurais pu faire autrement, ce que je n’ai pas fait et que j’ai encore envie de faire. Ce n’est pas encore le bilan, plutôt un pré-bilan. Le véritable bilan viendra à la fin.

    Et puisque je regarde avec sincérité, je peux aussi dire ceci : ce cycle autour de la lumière ne m’a pas beaucoup plu.

    Je m’attendais à autre chose. À un moment, j’ai même eu envie de l’interrompre. Puis je me suis dit : tu as commencé quelque chose publiquement, peut-être que certaines personnes le suivent, et tout n’a pas besoin d’être extraordinairement agréable pour mériter d’être terminé. Ce n’était quand même pas la mort du petit cheval ! Alors j’ai continué.

    Et aujourd’hui, lorsque je me retourne, ce que je vois me plaît quand même.

    Ne serait-ce que pour une chose : j’ai été présente tous les jours.

    Mes intentions quotidiennes sont un engagement que j’ai pris vis-à-vis de moi-même. J’allais dire un devoir, mais non. Pour moi, « droit » et « devoir » sont des mots très forts, presque juridiques. Ici, il n’y a aucune obligation. Il y a simplement un engagement envers moi : revenir chaque jour, lire la phrase et voir ce qu’elle fait résonner.

    Et là, je rends à Lilou ce qui est à Lilou : cette habitude vient du Défi des 100 jours, que je trouve être un magnifique chemin d’évolution et d’engagement envers soi. Je m’en suis inspirée pour construire quelque chose à ma manière : 81 jours, neuf fois neuf. J’avais longtemps pensé à 88 parce que ce nombre me plaisait, mais c’était gratuit. Alors que neuf fois neuf, cette idée de complétude multipliée par la complétude, me parlait.

    J’ai choisi aussi de suivre les saisons : 21 mars, 21 juin, et le prochain cycle commencera le 21 septembre. Il reste encore quelques jours à celui-ci, puis viendra une période de repos et surtout de bilan. Le 20 septembre, une petite introduction déjà programmée donnera la couleur de l’automne. Moi, évidemment, je la connais déjà !

    Mais pour l’instant, restons dans l’été.

    Qu’est-ce que j’ai fait cet été ?

    Il y a des choses très concrètes. J’ai commencé l’inventaire de toutes mes affaires, solution à un problème récurrent et très ancien chez moi. C’est un immense chantier qui débordera largement sur les saisons suivantes, mais la solution existe maintenant et elle fonctionne. Rien que cela me réjouit énormément.

    J’ai aussi nagé. Pas absolument tous les jours comme je l’avais imaginé, mais suffisamment pour que la baignade devienne une vraie partie de mon été.

    Et hier, j’ai remis en route la procédure pour clore cette vieille affaire immobilière qui reste ma dernière grosse casserole. Ce sera plus long que je ne l’espérais, mais j’ai recommencé à avancer. Et finalement, l’inventaire participe lui aussi à cette envie de ne plus avoir de casseroles qui traînent derrière moi.

    Il y a certainement eu aussi des mouvements moins visibles, dans mes idées, dans ma manière de regarder les choses, dans ma façon de vivre. Ceux-là demandent peut-être davantage de recul pour apparaître.

    Alors aujourd’hui, c’est précisément ce que je vais faire.

    Regarder hier, avant-hier, cet été, peut-être même un peu plus loin si j’en ai envie.

    Me retourner.

    Regarder le chemin.

    Pas seulement ce qui reste à faire.

    Ce qui est déjà fait.

    Et le reconnaître.

  • Aujourd’hui, je laisse quelque chose de bon derrière moi.

    lundi 31 août 2026

    Jour 72/81

    Aujourd’hui, je laisse quelque chose de bon derrière moi.

    [Cycle 8. Transmission]

    Mes intentions du lundi 31 août 2026

    Dernier jour du mois.

    La phrase de ce matin est :

    « Aujourd’hui, je laisse quelque chose de bon derrière moi. »

    Oui.

    Avec d’autres mots, ma grand-mère m’avait déjà appris quelque chose de très proche : une forme de respect de l’autre, une pensée pour celui qui vient après.

    Là où je suis, que ça sente bon, c’est très bien.

    Et quand je m’en vais, laisser une bonne odeur derrière moi, c’est bien aussi.

    Évidemment, aujourd’hui, à l’automne de ma vie, cette petite phrase prend une autre dimension. Si je mourais demain, je crois que je laisserais beaucoup de bonnes choses derrière moi… mais certainement pas une bonne odeur dans la maison !

    Et je ne parle pas de mon cadavre.

    Je parle de mon bordel !

    Je crie haut et fort que c’est ma nature, et c’est vrai. Mais je peux aussi reconnaître que, dans certains domaines, ce désordre est devenu compliqué. Et je travaille dessus. Je n’ai pas besoin de devenir quelqu’un d’autre, mais je peux essayer de laisser derrière moi quelque chose de plus simple, de plus clair, de plus facile.

    Et ce matin, cette intention devient immédiatement très concrète.

    Il est 5 h 10. Je viens de me lever. Je me serais volontiers retournée pour me rendormir, mais je me suis levée, habillée, peignée : maintenant, c’est trop tard pour reculer !

    Je vais tranquillement prendre mon petit déjeuner, préparer de quoi boire pour la journée, puis partir laver les draps.

    J’en profiterai pour faire un tour de la voiture et regarder ce que j’emporte et, surtout, ce que je peux laisser.

    J’aimerais laisser beaucoup de choses.

    Alléger.

    Sans oublier tout de même de prévoir quelque chose de chaud, parce que partir légère ne signifie pas partir idiote !

    Alors voilà mon intention de ce dernier jour d’août :

    laisser quelque chose de bon derrière moi.

    Une bonne odeur, une trace agréable, un peu moins de bazar, un peu plus d’espace…

    Et continuer tranquillement à travailler sur ce que j’ai envie de laisser derrière moi, au propre comme au figuré.

  • Je peux encourager les autres sans me nier moi-même.

    dimanche 30 août 2026

    Jour 71/81

    Je peux encourager les autres sans me nier moi-même.

    [Cycle 8. Transmission]

    Mes intentions du dimanche 30 août 2026

    La phrase de ce matin est :

    « Je peux encourager les autres sans me nier moi-même. »

    Mais avant elle, il y a eu un silence.

    Je me suis réveillée très tôt, vers 6 heures, et comme cela m’arrive souvent, j’ai écouté. Et quelque chose manquait.

    Les hirondelles.

    Depuis des semaines, je les entendais le matin comme une immense cour de récréation remplie de gamins turbulents qui discutent, crient et s’interpellent dans tous les sens. Et ce matin : rien.

    Un silence total. Royal. Complet.

    Je ne sais pas si elles sont parties, mais ce matin, leur absence s’entendait.

    Et puis je suis revenue à ma phrase : « Je peux encourager les autres sans me nier moi-même. »

    Elle m’évoque immédiatement cette phrase souvent attribuée à Voltaire — la citation n’est pas exacte, mais l’idée est là : je peux ne pas être d’accord avec quelqu’un et défendre malgré tout son droit à penser et à s’exprimer autrement.

    Et c’est bien de cela qu’il s’agit pour moi.

    Je peux écouter quelqu’un qui pense différemment. Je peux comprendre son raisonnement, reconnaître ce qui est juste pour lui, l’encourager à suivre son propre chemin, sans avoir besoin d’adopter ses idées.

    Je peux même lui dire : « Moi, je ferais autrement. »

    Et continuer à le soutenir.

    Je ne suis certainement pas capable de le faire parfaitement, tout le temps et dans tous les domaines. Mais je constate que, depuis quelque temps, quelque chose a changé. J’arrive beaucoup mieux à entendre une idée différente de la mienne sans la rejeter immédiatement simplement parce que « ce n’est pas moi ».

    Je n’ai pas besoin d’avoir raison pour que l’autre ait le droit d’avoir raison pour lui.

    Et surtout, encourager quelqu’un ne m’oblige pas à me renier.

    L’autre peut suivre son chemin.

    Je peux suivre le mien.

    Et nous pouvons même nous encourager mutuellement sans marcher dans la même direction.

    Je trouve que c’est un résultat très visible d’une vie de réflexion.

    Et oui, celui-là me rend fière.

    Ce matin, les hirondelles se sont tues.

    Alors j’écoute le silence.

  • Ma lumière devient plus belle lorsqu’elle circule.

    samedi 29 août 2026

    Jour 70/81

    Ma lumière devient plus belle lorsqu’elle circule.

    [Cycle 8. Transmission]

    Mes intentions du samedi 29 août 2026

    La très jolie phrase de ce matin est :

    « Ma lumière devient plus belle lorsqu’elle circule. »

    Silence d’appréciation et de gratitude…

    Parce que oui. C’est vrai.

    Partager ma lumière est pour moi un moment fabuleux. Et puisque c’est un bonheur, évidemment, je le renouvelle régulièrement.

    Mais peut-être que le plus beau moment arrive après.

    C’est lorsque je constate qu’une idée que j’ai partagée a apporté quelque chose à quelqu’un. Du bonheur, une ouverture, une possibilité, une envie, peu importe. Quelque chose est passé de l’autre côté.

    Et souvent, à ce moment-là, je ne dis rien.

    Je regarde.

    Je constate.

    Et je laisse la personne vivre pleinement ce qui lui appartient.

    Parce que moi, finalement, je n’ai fait que planter quelque chose. Peut-être une graine, peut-être simplement une idée. Mais ensuite, c’est l’autre qui l’a entretenue. C’est l’autre qui l’a arrosée. C’est l’autre qui lui a donné une place. Et si quelque chose a poussé, ce qui pousse lui appartient.

    Je n’ai pas besoin d’aller mettre une petite pancarte dessus avec écrit : « C’est moi qui ai planté la graine ! »

    Je le sais.

    Et cela suffit largement à mon bonheur.

    Voir que quelque chose a circulé, que cela a été reçu puis transformé par quelqu’un d’autre, me procure une joie intérieure fabuleuse. Magnifique.

    Ce n’est pas le but de ma vie.

    Mais c’est quelque chose qui compte énormément pour moi.

    Faire circuler.

    Ne pas retenir la lumière. Ne pas décider de ce qu’elle doit devenir chez l’autre. La laisser simplement passer, puis continuer son chemin.

    Ma lumière devient plus belle lorsqu’elle circule.

    Gros bonheur du matin.

  • Je partage ce qui m’a aidée à grandir.

    vendredi 28 août 2026

    Jour 69/81

    Je partage ce qui m’a aidée à grandir.

    [Cycle 8. Transmission]

    Mes intentions du vendredi 28 août 2026

    La petite phrase de ce matin est magnifique :

    « Je partage ce qui m’a aidée à grandir. »

    Et ça, je le fais souvent. Je le fais notamment en racontant mes souvenirs.

    Peut-être de moins en moins en racontant le souvenir pour lui-même. Aujourd’hui, j’essaie davantage d’en extraire l’essence : qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que cela a déclenché en moi ? Qu’est-ce que j’en ai compris ? Qu’est-ce que cette expérience a changé dans ma manière de vivre ?

    Mais revenir à un souvenir qui m’a fait grandir reste pour moi un immense plaisir.

    Parce que ce souvenir devient précieux. Pas forcément parce que ce qui s’est passé était agréable, mais parce qu’il a participé au chemin qui m’a amenée jusqu’à aujourd’hui. Et comme j’aime beaucoup mon aujourd’hui, j’aime aussi regarder le cheminement qui m’y a conduite.

    J’ai énormément de souvenirs qui m’ont appris quelque chose. Certains sont même les tout premiers moments où j’ai commencé à apprendre la vie autrement.

    Il y a 1976.

    Et puis il y a 1982.

    Je suis d’ailleurs étonnée, en y pensant ce matin, qu’il y ait six années entre ces deux repères. Bien sûr, il s’est passé quantité de choses entre les deux. Mais à partir de 1982, tout s’est beaucoup, beaucoup, beaucoup densifié.

    Parce que j’ai commencé à apprendre à entendre.

    Puis, après avoir appris à entendre, j’ai appris à écouter.

    Et ensuite, étape essentielle, j’ai appris à tenir compte de ce que j’avais entendu et écouté.

    Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression de vivre au milieu d’un orchestre qui joue de la musique en permanence. Il joue partout, tout le temps. Et moi, j’entends. J’écoute. Et j’éprouve un bonheur magnifique à percevoir cette musique-là.

    Mais au départ, je pensais que cette capacité à entendre était pour les autres. Pas pour moi.

    Il m’a donc fallu apprendre aussi à reconnaître ce qui m’était donné, à le prendre en compte et à lui accorder de la valeur.

    Voilà quelques-uns des apprentissages de ma vie.

    Et lorsque je raconte aujourd’hui les souvenirs qui les ont déclenchés, ce n’est pas pour dire : « Voilà ce qu’il faut faire. »

    Je raconte simplement : voilà ce qui m’est arrivé. Voilà ce que j’ai entendu. Voilà ce que j’en ai fait. Voilà comment cela m’a aidée à grandir.

    Et puisque ce chemin m’a conduite jusqu’à un aujourd’hui que j’aime beaucoup, je le partage avec vous avec énormément de joie.

  • La générosité véritable ne demande pas l’épuisement.

    jeudi 27 août 2026

    Jour 68/81

    La générosité véritable ne demande pas l’épuisement.

    [Cycle 8. Transmission]

    Mes intentions du jeudi 27 août 2026

    La phrase du jour est :

    « La générosité véritable ne demande pas l’épuisement. »

    Ah ! Celle-là me parle.

    A l’aube de mes 60 ans, un ami m’a dit que j’étais généreuse. J’en ai été étonnée. J’y ai réfléchi et j’ai fini par reconnaître que oui, je suis généreuse. Je le suis depuis longtemps, mais je n’ai pas toujours su l’être correctement.

    Lorsque j’étais beaucoup plus jeune, je donnais. Et je donnais même ce que je n’avais pas.

    Comment peut-on donner ce qu’on n’a pas ? Avec de l’argent, c’est très facile à comprendre : on possède 100 et on en dépense 200. Les 100 qui manquent, on ne les avait pas. On les a pourtant donnés, et ensuite on en paie le prix.

    Avant mes 32 ans, j’ai ainsi prêté 30 000 francs à quelqu’un qui devait me les rendre presque immédiatement. Je me souviens même de mon raisonnement : si je les donne un vendredi et qu’ils reviennent le lundi, avec le week-end au milieu, la banque ne verra pratiquement rien.

    Sauf que les 30 000 francs ne sont pas revenus le lundi.

    Ils ne sont revenus que deux mois plus tard.

    Et pendant ces deux mois, c’est moi qui ai vécu avec les conséquences d’une générosité que je n’avais pas les moyens d’avoir.

    Cette histoire m’a appris quelque chose d’essentiel : quand tu n’as pas l’argent, tu ne le donnes pas. Et lorsque les 100 derniers euros sont ceux dont tu as besoin pour vivre, tu ne donnes pas ces 100 euros.

    Cela n’a pas réduit ma générosité.

    Cela m’a appris à commencer à me respecter moi aussi.

    Beaucoup plus tard, je me suis retrouvée dans une situation complètement différente, avec extrêmement peu de ressources. J’étais aidée par des gens et je me demandais : comment puis-je les remercier puisque je n’ai pas d’argent ?

    Alors j’ai découvert que j’avais autre chose à donner.

    Je pouvais donner du temps. Je pouvais donner du Reiki. Je pouvais écouter. Je pouvais être présente.

    Et surtout, à l’époque, je ne savais pas encore que ma présence elle-même pouvait être un cadeau.

    C’est peut-être pour cela que j’ai été si étonnée lorsqu’en 2014 on m’a dit que j’étais généreuse. Je manquais cruellement d’argent. Comment pouvait-on regarder quelqu’un qui n’avait presque rien matériellement et lui dire : « Tu es généreuse » ?

    C’est là que j’ai compris.

    Il existe des choses que l’on donne et qui diminuent lorsqu’on les donne. Si j’ai 100 euros et que je donne 100 euros, je n’ai plus 100 euros.

    Mais il existe aussi des choses qui ne fonctionnent pas du tout comme ça.

    Je peux donner de l’attention sans me retrouver sans attention.

    Je peux donner de l’écoute sans épuiser mon stock d’écoute.

    Je peux donner de la présence sans perdre ma présence.

    Et lorsque je donne de l’amour, j’ai même parfois l’impression qu’il m’en reste davantage après, qu’avant.

    Aujourd’hui, je sais aussi la valeur de ces choses parce que je les ai reçues. Certaines personnes m’ont offert leur temps, leur écoute, leur présence, leur qualité d’être. Je sais donc exactement à quel point ces cadeaux peuvent être précieux.

    Alors oui, aujourd’hui encore, je veux être généreuse.

    Mais plus en me vidant.

    Plus en donnant ce que je n’ai pas.

    Plus en confondant générosité et sacrifice.

    Je veux donner ce que je peux donner sans me retirer à moi-même ce dont j’ai besoin.

    De la présence. De l’attention. De l’écoute. Du Reiki. De l’amour. Parfois de l’argent aussi, bien sûr, lorsqu’il est réellement disponible.

    Donner sans attendre de retour.

    Donner sans me démunir.

    Donner sans disparaître dans le don.

    La générosité véritable ne demande pas l’épuisement.

    Et si ma vie est si belle aujourd’hui, c’est peut-être aussi parce que j’ai découvert que j’avais énormément de choses à donner.

  • Je peux éclairer sans sauver personne.

    mercredi 26 août 2026

    Jour 67/81

    Je peux éclairer sans sauver personne.

    [Cycle 8. Transmission]

    Mes intentions du mercredi 26 août 2026

    La phrase de ce matin est en cours de travail chez moi depuis au moins six mois, autour d’un seul petit mot : le phare.

    « Je peux éclairer sans sauver personne. »

    Eh bien, un phare, c’est exactement ce qu’il fait. Il brille. Qu’il y ait quelqu’un ou qu’il n’y ait personne. Que sa lumière serve à quelqu’un ou qu’elle ne serve à personne à cet instant. Qu’on le regarde ou qu’on ne le regarde pas. Il ne va chercher personne. Il ne poursuit aucun bateau. Il ne décide pas de la route à prendre. Il brille.

    C’est un travail que j’ai commencé avec Pilar depuis au moins le mois de mars, peut-être même avant. Être un phare est devenu chez moi un état de conscience fort, même s’il est relativement récent.

    Et surtout, le phare ne brille pas pour obtenir quelque chose de celui qui le voit. Je brille pour moi, parce que c’est ce que je suis. L’autre prend ce dont il a besoin, s’il en a besoin. Il peut regarder la lumière, s’en servir pour trouver son chemin, ou continuer sa route sans même la remarquer. Cela lui appartient.

    Je n’ai personne à sauver. Je n’ai personne à convaincre. Je n’ai personne à conduire quelque part.

    Je peux simplement être là, pleinement moi, et laisser ma lumière faire ce qu’elle a à faire.

    Aujourd’hui, cette idée reviendra dans ma conscience avec un peu plus de force que les jours précédents : être le phare, pas le remorqueur.

    Je peux éclairer sans sauver personne.

    Voilà une belle journée qui commence.