vendredi 2 octobre 2026, la petite phrase du Cycle : Habiter le quotidien
Jour 12 : “ J’habite mes gestes plutôt que de les traverser. ”

vendredi 2 octobre 2026, la petite phrase du Cycle : Habiter le quotidien
Jour 12 : “ J’habite mes gestes plutôt que de les traverser. ”

jeudi 1 octobre 2026, la petite phrase du Cycle : Habiter le quotidien
Jour 11 : “ Je donne de l’attention à ce que je fais souvent sans y penser. ”

Mes intentions du jeudi 1er octobre 2026
Bonjour octobre !
« Je donne de l’attention à ce que je fais souvent sans y penser. »
Je donne de l’attention à ce que je fais. Souvent. Pas tout le temps, tout le temps, tout le temps, sinon je ne perdrais jamais mes affaires, lol.
Et surtout, je ne veux pas en faire une obsession. Ma vie doit être détendue. Je ne suis pas en examen tous les jours.
Il y a eu une période où je ne savais pas regarder ce que je devais voir, où je ne pensais pas à vérifier certaines choses. Et puis aujourd’hui, il y a davantage de conscience. Entre les deux, je navigue. Il y a des moments où je suis très attentive et d’autres beaucoup moins, des jours plus et des jours moins, des actions que j’accomplis avec une grande présence et d’autres que je fais beaucoup plus automatiquement.
Mais globalement, mettre de la conscience dans ce que je fais est une volonté de ma part. C’est délibéré.
Et cela ne veut pas dire que je dois tout surveiller en permanence.
D’ailleurs, en ce moment, j’en ai un très bon exemple avec le sommeil. Depuis environ une semaine, je travaille sur l’intention d’être consciente dans mes rêves. Au moment de m’endormir, j’essaie de poser cette intention : remarquer, voir, être présente à certaines étapes du rêve, pour parvenir à me « réveiller » dans mon rêve sans me réveiller dans la réalité.
J’avais déjà travaillé là-dessus il y a quelques années, mais avec moins d’informations. Et je découvre quelque chose d’assez amusant : si je transforme cette intention en injonction, je ne dors plus !
Évidemment.
Il est assez difficile de s’endormir tranquillement en se répétant : « Réveille-toi ! »
Ce n’est pas exactement le but recherché.
Alors là aussi, je cherche le juste milieu. L’intention est présente globalement. Elle n’a peut-être pas besoin d’être répétée consciencieusement chaque soir comme si j’avais un devoir à rendre. Peut-être qu’un soir je vais même complètement oublier. Ce n’est pas grave. L’intention, elle, continue d’exister.
J’ai travaillé de la même façon sur les ordres implicites auxquels j’obéis sans même savoir que j’obéis.
J’en ai retrouvé un qui date de très, très longtemps, de la fin de 1976 ou du début de 1977. J’étais étudiante à Paris et un professeur nous avait dit, je ne sais plus à quel propos : « On ne peut pas tous habiter dans le sud de la France. »
J’avais pris cette phrase comme une claque.
Bon sang de bonsoir, il a raison !
Et cette phrase était devenue une espèce de vérité. Je n’arrivais même plus à quitter Paris dans ma tête. Pas dans les faits : dans ma tête.
Jusqu’au jour où j’ai désobéi à cette injonction.
On ne peut peut-être pas tous habiter dans le sud de la France.
Mais moi, si.
Et je suis venue m’y installer.
Voilà aussi ce que signifie pour moi donner de l’attention à ce que je fais : apercevoir, de temps en temps, ce qui me fait agir. Voir si je choisis vraiment ou si j’obéis encore à une vieille phrase, une vieille habitude, un ordre que personne ne me donne plus.
Le voir, puis choisir.
Pas à chaque seconde. Pas comme un exercice permanent. Pas comme si j’étais en examen.
Juste suffisamment pour que ma vie reste la mienne.
Et mon intention de ce matin est toute simple : que chacun ait aujourd’hui la journée qui lui soit la plus profitable.
À sa manière.
Et en conscience… mais détendue.
mercredi 30 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Habiter le quotidien
Jour 10 : “ Ma vie se déroule aussi dans les jours ordinaires. ”

Mes intentions du mercredi 30 septembre 2026
« Ma vie se déroule aussi dans les jours ordinaires. »
Oui. Ce que je pourrais appeler un jour ordinaire, ce serait un jour sans relief particulier, sans événement majeur, sans révélation grandiose. Hier était un jour ordinaire. Enfin, pas tout à fait : on est quand même venu réparer ma chaudière. Mais globalement, c’était une journée ordinaire.
Avant-hier, en revanche, avec le scanner et ce qu’on y a découvert, c’était une journée extraordinaire, au sens littéral du terme : hors de l’ordinaire. Ce qui est arrivé lundi est sans commune mesure avec ce qui est arrivé mardi.
Et aujourd’hui ? Je n’en sais rien encore. Ça part pour être une journée ordinaire. On verra bien.
Je suis en paix avec ça. Les journées où j’ai l’impression qu’il ne se passe rien ne sont pas des journées vides. Il y a de la vie dans mon rien.
Et d’ailleurs, dans mon « rien » de ce matin, il se passe tout de même une petite tragédie du côté de mes fourmis.
Alexandra est une reine qui m’est littéralement tombée dessus un jour alors que je regardais une série. Quand je suis partie en cure, elle avait trois petites ouvrières nées de ses œufs. Quand je suis revenue, elles étaient huit. Comme il faisait moins chaud et qu’elles étaient moins actives, je les ai laissées tranquilles pendant deux ou trois jours.
Hier, en voulant faire des photos, je me suis aperçue qu’il y avait cinq mortes dans le tube. J’ai vu aussi que le coton était devenu noir et j’ai soupçonné un problème de moisissure. J’ai donc préparé un nouveau tube, une nouvelle fondation, propre, et retiré les cinq mortes. J’espérais qu’Alexandra et les survivantes déménageraient spontanément.
Eh bien non.
Ce matin, j’ai découvert une nouvelle morte. Là, j’ai dit : « Ce n’est pas possible. » J’ai donc décidé de déménager tout le monde manu militari.
Alexandra est vivante et en forme. Une autre ouvrière est malheureusement morte. Une deuxième est encore vivante mais très mal en point et je crains de l’avoir blessée pendant mon opération militaire. Quant à la troisième, elle a pris la poudre d’escampette.
Je suis triste pour elle, évidemment. Et je suis surtout triste de voir Alexandra se retrouver pratiquement seule alors qu’elle avait réussi à démarrer sa petite colonie. Je vais lui donner un peu de liquide sucré et la laisser maintenant au calme dans son tube propre. Je n’abandonne pas et je lui souhaite longue vie, avec, si tout va bien, une belle colonie autour d’elle.
Évidemment, ça me perturbe un peu. J’ai investi du temps, de l’attention et de l’intérêt dans cette petite histoire. Mais je garde aussi les proportions. Ce n’est pas un petit chien. Ce n’est pas un drame qui bouleverse ma vie. C’est une aventure de fourmis qui se passe dans ma maison, et je vais faire ce que je peux pour Alexandra.
Et voilà.
C’est curieux, parce que ce matin j’ai vraiment l’impression de n’avoir rien à dire.
Et finalement, j’ai raconté tout ça.
C’est peut-être exactement ce que ma petite phrase veut me montrer aujourd’hui : ma vie n’attend pas les grands événements pour être ma vie.
Elle se déroule aussi quand rien d’extraordinaire n’arrive.
Elle se déroule dans une chaudière réparée, une tasse de thé, une reine fourmi dans son tube, quelques inquiétudes minuscules, des gestes ordinaires et des heures qui passent tranquillement.
Il y a de la vie dans mon rien.
Et les jours où je n’ai rien à dire font eux aussi entièrement partie de ma vie.
mardi 29 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place Jour 9 :
“ Aujourd’hui, je peux dire : je suis ici. ”

Mes intentions du mardi 29 septembre 2026
« Aujourd’hui, je peux dire : je suis ici. »
Eh bien, je peux vous dire que je suis ici.
À l’heure où je vous écris, il est 10 heures alors que je suis levée depuis 8 heures. J’ai passé une bonne partie de mon début de matinée à envoyer les images de mon scanner à Pilar pour qu’elle ait le maximum d’informations et puisse m’aider à comprendre ce que je regarde et ce qu’on m’a dit.
Alors ce matin, mon « ici » est encore un peu dans le scanner d’hier.
Hier soir, il y a quand même eu du nouveau puisque mon oncologue, que je n’aime pas beaucoup, est sérieusement remontée dans mon estime. Elle m’a appelée et m’a expliqué qu’elle allait demander aux radiologues leur avis précis sur les images avant de décider de la suite. Pour l’instant, j’attends donc son retour et, éventuellement, une ordonnance d’antibiotiques.
Mon Dieu, comme la vie peut passer d’un côté à l’autre sans prévenir ! Hier à cette heure-ci, je tricotais tranquillement dans Escargotine en attendant mon scanner. Aujourd’hui, j’avoue que le tricot n’est pas tout à fait mon premier souci.
Mon deuxième souci est beaucoup plus terre à terre : les gens de la chaudière doivent venir entre midi et 13 heures. Il faut donc que je rende ma cuisine accessible. Et ça, ce n’est pas rien ! Ceux qui me connaissent savent que je n’ai aucune envie de le faire. Ceux qui me connaissent savent aussi que je vais le faire quand même.
Parce que oui, je suis là.
Ici et maintenant, entre une cuisine à ranger et des images de scanner.
Et ensuite, si j’ai le droit de me récompenser, il y aura du tricot.
Aujourd’hui, « je suis ici » veut surtout dire pour moi : rester dans le moment présent. Ne pas partir dans les extrapolations sur ce que pourrait être cette irrégularité découverte hier. Grave, bénigne, maligne ou pas : aujourd’hui, je ne le sais pas. Alors je n’ai rien à faire dans un futur que mon imagination pourrait fabriquer toute seule.
Je garde aussi une chose très présente : si le scanner n’avait rien découvert, cette chose existerait quand même. Malgré tout le désagrément de savoir qu’elle est là, je préfère un désagréable qui dit la vérité à un agréable qui me prépare peut-être des désagréments futurs.
Et maintenant, je ne peux rien faire d’autre qu’attendre.
Alors mon travail d’aujourd’hui est très simple : rendre cette attente aussi agréable que possible.
Et dans l’agréable, je connais mes ingrédients : tricoter, manger confortablement, ne pas avoir faim, me peser et constater que le chiffre continue tranquillement à descendre, m’occuper de ma maison, faire ce qui est devant moi.
Pas de baignade aujourd’hui : la pluie devrait arriver. Ce n’est pas grave. Je suis chez moi, bien garée, les grandes festivités sont passées et il y a même quelques places libres dehors.
Alors je vais le dire, parce que c’est vrai.
Aujourd’hui, tout va bien.
Ici et maintenant, tout va bien.
lundi 28 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place
Jour 8 : “ Ma place n’enlève rien à celle des autres. ”

Mes intentions du lundi 28 septembre 2026
« Ma place n’enlève rien à celle des autres. »
J’aime beaucoup cette phrase.
Nous avons tellement l’habitude de penser en pyramide : là où il y a quelqu’un, il ne peut pas y avoir quelqu’un d’autre. Il n’y a qu’un sommet et on ne peut pas mettre deux personnes dessus.
Mais sans vouloir dire que je suis au sommet, bien évidemment, je peux être à mon sommet sans être au vôtre. Et votre place n’enlève absolument rien à la mienne.
J’aime beaucoup prendre l’image de la plage.
Nous pouvons être trois sur la plage : le soleil se partage entre nous trois. Nous pouvons être dix mille : il se partage entre dix mille. Et pourtant, à trois ou à dix mille, chacun reçoit la même quantité de soleil.
Si on oublie les parasols et l’ombre des arbres, personne ne reçoit moins de lumière ou moins de chaleur parce que quelqu’un d’autre est arrivé. Il y a des choses qui ne diminuent pas lorsqu’on les partage.
L’amour, par exemple.
Donner de l’amour ne retire pas de l’amour à celui qui le donne. Donner de l’argent, oui : si je donne dix euros, j’ai dix euros de moins. Mais si je donne de l’amour, je n’ai pas moins d’amour après.
Et prendre sa place, pour moi, appartient un peu à cette même logique. Ma présence ne nécessite pas votre absence. Je peux prendre toute ma place sans vous demander de réduire la vôtre.
Et j’adore cette idée :
« Viens donc t’asseoir avec moi. Nous sommes déjà cinquante millions, mais tu tiens. Il y a une place pour toi. »
Voilà comment commence ma journée.
Je suis toujours dans Escargotine, garée à l’hôpital, et remarquablement bien garée : probablement la place la plus proche du service où je dois aller.
Je vois déjà les gens tourner à la recherche d’une place et je mesure à quel point j’ai bien fait de venir hier soir. Il y a même juste à côté de moi un espace qui va me permettre de sortir et remonter tranquillement mon déambulateur, actuellement démonté devant le siège passager.
Je suis à deux pas du scanner. Il ne me reste que quelques heures à attendre.
J’ai aussi appelé pour mon chauffage, mais il me manque le numéro de la machine et, comme je ne suis pas chez moi, ce sera pour plus tard.
Et mes publications sont programmées jusqu’à demain : aujourd’hui, tout s’est déjà publié tout seul et demain fera de même.
J’aime beaucoup quand j’ai organisé les choses à l’avance et que le présent peut simplement se dérouler.
Une très belle journée commence.
Le ciel est lumineux, très légèrement voilé, et moi je suis là, à ma place.
Pas à la place de quelqu’un d’autre.
À la mienne.
Et il reste toute la place nécessaire pour vous.
dimanche 27 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place
Jour 7 : “ Je remarque les endroits où je me fais encore petite. ”

Mes intentions du dimanche 27 septembre 2026
« Je remarque les endroits où je me fais encore petite. »
Eh bien, on dirait que la synchronicité est dans l’air ! Ce matin, je me suis pesée. Je ne le fais qu’une fois par semaine, justement parce que je n’ai aucune envie que cela devienne une obsession, et j’oublie régulièrement. La dernière pesée dont je me souvenais était celle du début de la cure : 90 kilos sur la balance du médecin, alors que la mienne m’en annonçait plutôt 91.
Et ce matin : 89,65 kg !
Bah alors ! Flûte alors ! Je suis passée sous la barre des 90 ! Je suis partie d’environ 98 kilos au mois de mars. Huit kilos en six mois. Je sais bien que lorsqu’il y en a beaucoup à perdre, les premiers kilos sont plus faciles que les suivants. Je sais aussi qu’il y a eu du relâchement pendant la cure, des autorisations « exceptionnelles » devenues parfois assez fréquentes. Hier, par exemple, j’ai mangé des chips. Mais malgré tout, 89,65. Et j’en suis extrêmement fière. Mon objectif est 80 kilos, mais je ne pensais pas franchir si vite cette première barre symbolique des 90.
Bon. Revenons à la petite phrase, parce qu’elle ne parle évidemment pas de cette petitesse-là.
Où est-ce que je me fais encore petite ? Je le sais très bien. Lorsqu’on me fait une remarque désobligeante ou qu’une personne me parle d’une manière qui réveille quelque chose de très ancien. Enfant, j’ai énormément vécu avec le sentiment d’être bête, nulle, ridicule, de ne pas comprendre correctement. Cette croyance a été extrêmement forte chez moi. Elle est aujourd’hui largement derrière moi, mais il reste quelques boutons sur lesquels on peut encore appuyer. Et lorsqu’on appuie exactement au bon endroit, il m’arrive encore de me paralyser au lieu de répondre.
Cela m’est arrivé récemment avec mon oncologue. Je lui expliquais que j’étais venue trois fois à l’hôpital pour prendre rendez-vous pour un scanner et que, trois fois, je n’avais pas réussi à me garer. Elle m’a répondu : « Je note que vous refusez de faire le scanner. » Or ce n’était absolument pas ce que je venais de dire. Et là, je me suis figée. Je n’ai pas répondu. J’ai laissé inscrire dans mon dossier quelque chose qui ne correspondait pas à mes paroles et qui me dérange profondément.
Voilà exactement un endroit où je me fais encore petite.
Depuis, j’y ai réfléchi. Je peux changer de médecin si je n’ai plus confiance. Je peux aussi demander calmement qu’une information que je considère inexacte dans mon dossier soit rectifiée ou clarifiée. Mais surtout, je peux apprendre à ne plus attendre plusieurs heures, plusieurs jours ou plusieurs mois avant de retrouver mes mots.
C’est donc cela, mon intention aujourd’hui. Lorsque quelqu’un me dira quelque chose qui me heurte vraiment, je veux d’abord respirer. Ne pas laisser l’ancienne petite fille prendre instantanément toute la place. Respirer, rester là, puis répondre calmement ce qui doit être répondu. Comme une grande. Comme la grande que je suis.
Et aujourd’hui, je vais regarder. Où est-ce que je me sens encore petite ? Où est-ce que je me rétrécis alors que personne ne me le demande ? Où est-ce que je laisse encore une autorité, réelle ou supposée, me rendre muette ?
Il y a quand même une autre petitesse qui me fait rire : j’ai toujours cru mesurer 1,61 m, ce qui n’était déjà pas immense. Aujourd’hui, la médecine me mesure à 1,58 m ! J’ai donc désormais deux tailles officielles : 1,61 m pour mon passeport et 1,58 m pour les médecins. Et dans les supermarchés, je continue à demander de l’aide pour attraper ce qui est tout en haut des rayons.
Alors oui, je suis petite.
Mais ce matin, à 89,65 kilos, je suis une petite très fière d’elle.
Huit kilos en six mois, sans vivre cela comme une punition ni une bataille permanente. Je ne suis pas seule non plus : Pilar m’accompagne dans cette transformation.
Et aujourd’hui, mon intention sera de ne plus confondre être petite par la taille avec me faire petite dans ma propre vie.
samedi 26 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place
Jour 6 : “ Je donne de la présence à ce que je fais. ”

Mes intentions du samedi 26 septembre 2026
« Je donne de la présence à ce que je fais. »
Je suis présente à ce que je fais. Je ne fais pas les choses sans m’en rendre compte. Et ça, je peux vous dire que je le fais très souvent ! Je fais quelque chose et, deux minutes après : « Mais je l’avais dans la main ! Qu’est-ce que j’en ai fait ? » Eh bien voilà : je n’étais tout simplement pas présente à ce que je faisais. Alors cette petite phrase tombe merveilleusement bien aujourd’hui puisque je suis en plein rangement du retour.
Je vide Escargotine, je vide et nettoie mon frigo après la panne de courant, je trie ce qui est encore bon et ce qui doit partir. J’ai transféré le contenu du frigo de la voiture dans celui de la maison et — attention, exploit ! — j’ai immédiatement éteint le frigo de la voiture. Chapeau ! Parce qu’il m’est déjà arrivé de le laisser fonctionner inutilement alors qu’Escargotine était garée, et ça pompe sérieusement les batteries. Présence à ce que je fais.
Mais cette phrase va beaucoup plus loin que le rangement d’un frigo. Dans un passé très lointain, j’ai beaucoup travaillé sur le détachement. Et j’ai tellement bien réussi à me détacher qu’à un moment, plus rien ne m’intéressait vraiment. Je n’avais pas fait le discernement entre ce dont il était bon de me détacher et ce qui méritait au contraire mon attention, mon intérêt, mon engagement. Bien sûr, je continuais à travailler, à remplir mes obligations, à faire ce qu’il fallait faire. Dans ma vie personnelle, plus grand-chose ne me retenait.
Je crois qu’il me reste encore aujourd’hui une petite trace de cette époque : je peux faire certaines choses sans véritablement m’y intéresser, sans m’y investir, avec une drôle de légèreté. Alors aujourd’hui, il ne s’agit certainement pas de perdre le détachement que j’ai acquis. Il s’agit de lui adjoindre la présence. Être présente lorsque je pose quelque chose quelque part. Être présente lorsque je range ces fameuses prises qui se baladent dans toute la maison parce que j’en ai besoin ici, puis là, puis ailleurs. Donner une vraie place aux choses.
Bon, vous allez rire : il n’y a pas grand-chose qui ait une place véritablement attitrée chez moi ! Le désintéressement a manifestement gagné beaucoup de terrain au fil des années. Et justement, je suis en plein travail de réorganisation. Quelle belle occasion d’y mettre de la conscience.
La journée commence très bien. Il fait 24 degrés et je suis ravie d’avoir chaud. Évidemment, j’ai déjà trop chaud, puisque je reviens d’un pays froid ! Mais j’adore ça. Et j’adore surtout penser que bientôt, je vais pouvoir replonger dans la mer. Cela fait un mois que je n’y suis pas allée et elle me manque.
Aujourd’hui, donc, je range. Mais je ne vais pas seulement ranger. Je vais être là pendant que je range.
Yes !
vendredi 25 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place
Jour 5 : “ Je cesse de vivre à côté de ma propre vie. ”

Jour de voyage.
Jour d’absence.
Ma vie s’est imposée par sa présence, au cours de toute la journée.
jeudi 24 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place Jour 4 : “ Être là est déjà une manière d’agir. ”

Mes intentions du jeudi 24 septembre 2026
« Être là est déjà une manière d’agir. »
C’est ma petite phrase du jour.
Hier, je discutais avec un voisin du camping qui me disait qu’il se contente d’être ici et maintenant. Je l’ai écouté attentivement parce que j’aime bien entendre un autre point de vue, un autre regard.
J’ai pratiqué le « ici et maintenant » pendant des années. Et pourtant, à une époque, quelque chose me posait beaucoup de questions : comment peut-on vivre ici et maintenant tout en planifiant sa vie ?
Parce que, dans une vie normale, on est bien obligé de prévoir. On prend rendez-vous avec quelqu’un. On organise quelque chose pour mercredi ou jeudi prochain. On note une date dans son agenda. Autrefois, le mien était en papier ; aujourd’hui, il est dans mon téléphone.
À l’époque, je me demandais : mais si je suis en train de prévoir ce que je ferai mercredi prochain, je ne suis donc plus dans le présent ?
Et en fait, si.
Je viens par exemple de programmer les alarmes dont j’aurai besoin pour mon scanner. Au moment où je programme ces alarmes, je suis exactement ici et maintenant. Je ne suis pas déjà en train de vivre le rendez-vous. Je ne me demande pas : « Et si je suis en retard ? Et si je suis en avance ? Et si la voiture ne démarre pas ? »
Non.
J’ai rendez-vous à telle heure. Je calcule l’heure à laquelle je dois partir. Je pose mon alarme. Et c’est terminé.
À cet instant précis, programmer quelque chose pour plus tard est mon présent. Et, une fois que c’est fait, je peux laisser ce futur tranquille. Je me suis même libérée de la nécessité d’y penser jusque-là.
Je crois que cette pratique du ici et maintenant m’a énormément installée dans ma propre vie. Elle m’a ancrée. Être là, habiter le moment présent, c’est déjà agir parce que, la plupart du temps, je ne prends même pas conscience du moment présent.
Je dis « on », mais je parle de moi.
En ce moment même, par exemple, je pourrais être déjà mentalement partie à la cure : bientôt le taxi va arriver, est-ce que je suis prête, est-ce que j’ai tout ce qu’il faut ?
Mais penser : « Le taxi va bientôt arriver, suis-je prête ? » peut aussi appartenir pleinement au présent. C’est maintenant que je vérifie. C’est maintenant que je me prépare. Le futur existe dans mon organisation, mais je n’ai pas besoin d’aller vivre dedans avant qu’il arrive.
Alors mon intention aujourd’hui est toute simple :
Être là.
Parce qu’être vraiment là est déjà une manière d’agir.
mercredi 23 septembre 2026, la petite phrase du Cycle : Prendre place
Jour 3 : “ Je regarde ce qui m’entoure comme un espace à vivre. ”

Mes intentions du mercredi 23 septembre 2026
« Je regarde ce qui m’entoure comme un espace à vivre. »
Je dois dire que ce qui m’entoure, ici et maintenant, est un espace à vivre un peu rude pour moi.
Il fait froid. Moins froid qu’hier, mais froid quand même. Il fait nuit et je dois me lever. Et j’en profite.
J’en profite parce que c’est difficile, justement. Pour aller chercher en moi le courage de vivre ce moment du mieux que je peux. Pour essayer d’en tirer quelque chose, afin qu’un moment désagréable ne soit pas simplement un moment désagréable et qu’il n’ait pas été vécu en vain.
Pour me donner du courage, je me rappelle aussi que c’est exceptionnel. Encore deux jours. Ce froid-là, à Portbou, je ne le connais pratiquement pas. Et surtout, chez moi, si je me réveille dans le noir et que je n’ai aucune envie de me lever, je me retourne et je me rendors. Je ne me lève à une heure pareille que lorsque j’ai un rendez-vous.
Or, aujourd’hui, j’ai un rendez-vous.Je dois me lever pour aller dans un endroit où, en ce moment, je trouve peu de plaisir. Alors oui, je peux me dire que je le fais pour ma santé. Mais pour le plaisir, non. Ce n’est pas mon kif !
Et finalement, c’est aussi dans ces moments-là que je peux faire connaissance avec moi-même. Comment est-ce que je réagis lorsque ce n’est pas drôle ? Que reste-t-il de ma joie de vivre quand les circonstances ne m’aident pas beaucoup à la trouver ? Comment est-ce que j’habite un espace que je n’aurais pas choisi ?
Ce sont des situations rares parce que, tout simplement, je ne les recherche pas. Je ne suis pas masochiste au point de décider d’aller me lever au milieu de la neige et de la nuit pour voir comment je réagis ! Bon, il n’y a pas de neige. Mais vous avez compris l’idée.
Alors ce matin, je profite de la dureté du moment pour me rencontrer un peu autrement.
Ma journée commence dans le noir et dans le froid.
Et cet espace-là aussi, puisque j’y suis, je vais essayer de le vivre.