
jeudi 27 août 2026
Jour 68/81
La générosité véritable ne demande pas l’épuisement.
[Cycle 8. Transmission]
Mes intentions du jeudi 27 août 2026
La phrase du jour est :
« La générosité véritable ne demande pas l’épuisement. »
Ah ! Celle-là me parle.
A l’aube de mes 60 ans, un ami m’a dit que j’étais généreuse. J’en ai été étonnée. J’y ai réfléchi et j’ai fini par reconnaître que oui, je suis généreuse. Je le suis depuis longtemps, mais je n’ai pas toujours su l’être correctement.
Lorsque j’étais beaucoup plus jeune, je donnais. Et je donnais même ce que je n’avais pas.
Comment peut-on donner ce qu’on n’a pas ? Avec de l’argent, c’est très facile à comprendre : on possède 100 et on en dépense 200. Les 100 qui manquent, on ne les avait pas. On les a pourtant donnés, et ensuite on en paie le prix.
Avant mes 32 ans, j’ai ainsi prêté 30 000 francs à quelqu’un qui devait me les rendre presque immédiatement. Je me souviens même de mon raisonnement : si je les donne un vendredi et qu’ils reviennent le lundi, avec le week-end au milieu, la banque ne verra pratiquement rien.
Sauf que les 30 000 francs ne sont pas revenus le lundi.
Ils ne sont revenus que deux mois plus tard.
Et pendant ces deux mois, c’est moi qui ai vécu avec les conséquences d’une générosité que je n’avais pas les moyens d’avoir.
Cette histoire m’a appris quelque chose d’essentiel : quand tu n’as pas l’argent, tu ne le donnes pas. Et lorsque les 100 derniers euros sont ceux dont tu as besoin pour vivre, tu ne donnes pas ces 100 euros.
Cela n’a pas réduit ma générosité.
Cela m’a appris à commencer à me respecter moi aussi.
Beaucoup plus tard, je me suis retrouvée dans une situation complètement différente, avec extrêmement peu de ressources. J’étais aidée par des gens et je me demandais : comment puis-je les remercier puisque je n’ai pas d’argent ?
Alors j’ai découvert que j’avais autre chose à donner.
Je pouvais donner du temps. Je pouvais donner du Reiki. Je pouvais écouter. Je pouvais être présente.
Et surtout, à l’époque, je ne savais pas encore que ma présence elle-même pouvait être un cadeau.
C’est peut-être pour cela que j’ai été si étonnée lorsqu’en 2014 on m’a dit que j’étais généreuse. Je manquais cruellement d’argent. Comment pouvait-on regarder quelqu’un qui n’avait presque rien matériellement et lui dire : « Tu es généreuse » ?
C’est là que j’ai compris.
Il existe des choses que l’on donne et qui diminuent lorsqu’on les donne. Si j’ai 100 euros et que je donne 100 euros, je n’ai plus 100 euros.
Mais il existe aussi des choses qui ne fonctionnent pas du tout comme ça.
Je peux donner de l’attention sans me retrouver sans attention.
Je peux donner de l’écoute sans épuiser mon stock d’écoute.
Je peux donner de la présence sans perdre ma présence.
Et lorsque je donne de l’amour, j’ai même parfois l’impression qu’il m’en reste davantage après, qu’avant.
Aujourd’hui, je sais aussi la valeur de ces choses parce que je les ai reçues. Certaines personnes m’ont offert leur temps, leur écoute, leur présence, leur qualité d’être. Je sais donc exactement à quel point ces cadeaux peuvent être précieux.
Alors oui, aujourd’hui encore, je veux être généreuse.
Mais plus en me vidant.
Plus en donnant ce que je n’ai pas.
Plus en confondant générosité et sacrifice.
Je veux donner ce que je peux donner sans me retirer à moi-même ce dont j’ai besoin.
De la présence. De l’attention. De l’écoute. Du Reiki. De l’amour. Parfois de l’argent aussi, bien sûr, lorsqu’il est réellement disponible.
Donner sans attendre de retour.
Donner sans me démunir.
Donner sans disparaître dans le don.
La générosité véritable ne demande pas l’épuisement.
Et si ma vie est si belle aujourd’hui, c’est peut-être aussi parce que j’ai découvert que j’avais énormément de choses à donner.
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