
jeudi 03 septembre 2026
Jour 75/81
Je regarde ma transformation avec lucidité et tendresse.
[Cycle 9. Couronnement]
Mes intentions du jeudi 3 septembre 2026
« Je regarde ma transformation avec lucidité et tendresse. »
J’aime beaucoup l’image de ces voiliers qui ont baissé leurs voiles et sont maintenant au port, amarrés sur une eau toute plate, sans vent.
Ils ont voyagé.
Ils repartiront peut-être.
Et pour l’instant, ils sont là.
Et j’aime imaginer que tous les voyages que j’ai faits sont eux aussi, aujourd’hui, à l’amarrage. C’est le moment du repos, du bilan, presque celui où l’on ouvre l’album de souvenirs pour regarder tranquillement d’où l’on vient.
Chaque chose que je vis me transforme. Certaines énormément, d’autres presque imperceptiblement. Et souvent, je ne vois pas la transformation au moment où elle se produit. Je la découvre plus tard, justement lorsque je suis amarrée dans un port et que j’ai l’impression de ne rien faire.
Parce qu’en réalité, je crois qu’il n’existe aucun moment dans la vie où l’on ne fait vraiment rien.
C’est un peu comme une voiture dont on a démarré le moteur. Elle est à l’arrêt, elle n’avance pas, elle attend peut-être quelqu’un. Au bout d’un moment, on s’habitue tellement au ronronnement qu’on ne l’entend même plus.
Et pourtant, le moteur tourne.
Je crois que nos moments de repos ressemblent à cela.
La distance ne change pas. On reste au même endroit. Mais quelque chose continue doucement à fonctionner, à intégrer, à digérer, à mettre en place tout ce qui a été vécu.
Alors aujourd’hui, je n’ai pas besoin de hisser les voiles.
Je n’ai pas besoin non plus d’appuyer sur l’accélérateur.
Je peux rester au port, moteur au ralenti, et regarder.
Regarder avec lucidité ce que j’ai fait, ce qui m’a transformée, ce que j’aurais pu faire autrement aussi.
Et regarder tout cela avec tendresse.
Pas pour refaire le voyage.
Pas pour corriger rétrospectivement chaque étape.
Simplement pour reconnaître la personne que tous ces voyages ont peu à peu façonnée.
Aujourd’hui, je laisse mon moteur ronronner doucement.
Et je regarde le chemin parcouru.
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