Je transmets davantage par ma présence que par mes discours.

lundi 24 août 2026

Jour 65/81

Je transmets davantage par ma présence que par mes discours.

[Cycle 8. Transmission]

Mes intentions du lundi 24 août 2026

Comme cette phrase est belle : « Je transmets davantage par ma présence que par mes discours. »

Il a fallu qu’on me le dise plusieurs fois, et que cela vienne de personnes différentes qui ne se connaissaient pas, pour que je commence à envisager que ce soit vrai. Aujourd’hui, oui, je le sais. Et pourtant, je continue à faire des discours ! Je continue aussi, d’une manière assez étrange, à douter que ma présence puisse suffire.

Alors aujourd’hui, je vais travailler là-dessus : prendre conscience que le silence est d’or, plus encore que la parole est d’argent, et reconnaître la valeur de cette présence dont, au fond, je connais la qualité.

En 2015, quelqu’un m’a dit : « Tu écoutes vraiment bien. » J’avais répondu : « Oui, mais j’ai appris à écouter. » Et c’était vrai. J’avais appris à écouter vers 1991. Il y avait une technique, une qualité d’écoute que j’avais travaillée. Mais avec le temps, quelque chose d’autre s’y est ajouté : être présente. Et ça, ce n’était pas dans les cours.

Et je sais aujourd’hui ce que signifie pour moi écouter en présence.

Dans une conversation ordinaire, la communication va dans les deux sens : l’autre me dit quelque chose, je réponds, je suggère, je raconte, je rebondis. L’écoute en présence est tout autre chose. Elle est, pendant un moment choisi, à sens unique. L’autre parle et moi, je reçois.

Pour cela, je me tais d’abord à l’intérieur, je verrouille même mes pensées. Je me mets dans un état de réceptivité dans lequel je n’ai rien à proposer, rien à suggérer, rien à raconter sur moi, pas même à imaginer les réponses. Je ne cherche ni une réponse ni une solution. J’accueille ce qui est dit, tout ce qui est dit, sans exception. J’ouvre, j’entends. À cet instant-là, cela ne parle pas de moi : cela parle de l’autre.

Je deviens uniquement réception, pas émission.

Ce n’est pas une interdiction rigide de parler. Je pourrais évidemment prendre la parole. Simplement, intérieurement, ce n’est pas mon moment. Toute la place appartient à l’autre, y compris dans les pensées. Et lorsqu’il semble avoir terminé, avant de reprendre cette place, je peux encore demander : « Tu veux dire autre chose ? »

C’est cela, pour moi, le respect profond de l’écoute : offrir réellement à quelqu’un tout l’espace dont il a besoin.

Ce n’est évidemment pas ma manière de communiquer tout le temps. C’est un choix, un moment particulier, lorsque je sens que quelqu’un a besoin d’être entendu. Je peux entrer dans cet état presque n’importe où. Je me souviens même d’une de ces écoutes alors que je conduisais : cela ne m’enlevait rien de ma concentration sur la route. J’étais simplement là, et j’écoutais.

Lorsque j’ai accompagné mes parents dans leur fin de vie, cette présence était là aussi. C’est probablement à cette époque que j’ai commencé à comprendre que oui, elle comptait. Aujourd’hui, lorsque je dis à quelqu’un « je suis présente », je sais exactement ce que je dis. Ce ne sont pas des mots en l’air.

Ce qu’il me reste encore à apprendre, c’est que parfois cela suffit. Qu’il n’est pas toujours nécessaire d’expliquer, de commenter ou de trouver les mots justes.

Alors voilà mon intention : être là. Pleinement. Écouter lorsque c’est le moment d’écouter. Me taire même à l’intérieur. Offrir toute la place.

Et accepter que, parfois, ma présence suffise.

Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Cueillir Les Jours

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture