Je supporte mieux qu’avant d’occuper l’espace.

samedi 08 août 2026

Jour 49/81

Je supporte mieux qu’avant d’occuper l’espace.

[Cycle 6. Visibilité]

Mes intentions du samedi 8 août 2026

8-8 aujourd’hui. Une date qui me rappelle le 8-8-88, que j’avais vécu d’une manière très consciente. Et en 1988, j’étais jeune !
Je note avec un sourire qu’il est 8h08 ! LOL.
J’aime d’abord le 5, et puis j’aime le 8 !

La phrase du jour est : « Je supporte mieux qu’avant d’occuper l’espace. »

Ça, c’est certain. Et c’est quelque chose auquel je pense souvent.

Aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, enfant et jeune fille, j’étais timide. Je ne sais pas exactement quand le changement s’est produit, mais je vois au moins deux expériences qui ont certainement compté. Il y a eu la scène et la musique : j’ai chanté essentiellement seule, même si j’ai aussi été accompagnée pendant un temps. Puis il y a eu l’architecture, où nous étions formés à présenter et défendre un projet devant un jury, notamment pour gagner des concours. Deux apprentissages de la communication très différents : l’un intuitif, par la musique et la scène ; l’autre beaucoup plus cadré et construit. J’ai aussi eu l’exemple de mon mari, qui, lui, n’était absolument pas timide.

Parce qu’au fond, qu’est-ce que la timidité ? Le timide occupe bien une place, évidemment, mais pas forcément celle qu’il voudrait occuper. Il trouve des manières détournées, maladroites, silencieuses ou effacées d’être présent, au lieu d’habiter simplement l’espace qu’il désire.

Et je fais aujourd’hui un rapprochement qui m’amuse et m’interroge. Lorsque j’ai commencé la musique, j’étais mince. Puis mon corps a progressivement pris davantage de volume. J’ai fait mon premier et unique régime en 1988 : je suis passée de 64 à 55 kilos en six mois, accompagnée par un médecin qui utilisait notamment l’acupuncture comme coupe-faim. Je me demande parfois si prendre physiquement davantage de place n’a pas accompagné, symboliquement, mon apprentissage de la place que je voulais prendre dans le monde. Ce n’est certainement pas une explication de mon poids, mais l’image me parle : avec davantage de volume, impossible de disparaître.

Aujourd’hui, je sais occuper ma place. Je sais la marquer lorsqu’il le faut, mais j’ai aussi appris quelque chose qui me paraît tout aussi important : je sais me taire. disparaître.

Parfois, je choisis même volontairement le silence par curiosité. Que se passe-t-il si je ne dis rien ? Que se passe-t-il « sans moi » ? Alors je regarde, j’observe, j’écoute. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est extrêmement intéressant. Et lorsque je décide véritablement d’écouter quelqu’un, mon silence peut devenir absolu.

Il m’est même arrivé d’entendre : « On n’entend pas Isabelle ! » Et comme, paraît-il, on entend généralement beaucoup Isabelle, j’y vois une petite victoire. Pas une victoire qui consisterait à me faire taire ou à prendre moins de place. Une victoire sur cet automatisme qui voudrait que prendre ma place signifie nécessairement parler.

Aujourd’hui, je peux occuper pleinement l’espace et choisir la manière dont je l’occupe. Par ma parole lorsque j’ai quelque chose à dire. Par mon silence lorsque je veux écouter. Par ma présence, tout simplement.

Je ne sais pas encore comment cette intention se manifestera aujourd’hui. Mais je vais garder une oreille attentive à ces moments-là.

Ou plutôt : une conscience attentive.

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